FÉDÉRATION FRANÇAISE DES ASSOCIATIONS DES CHEMINS DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
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De l'origine à nos jours

La légende de saint Jacques

L'apôtre saint Jacques,dit le Majeur, aurait évangélisé l'Espagne, avant d'être décapité à Jérusalem vers l'an 44, sur ordre du roi Hérode Agrippa.
La légende raconte que son corps aurait été transporté dans une barque de pierre guidée par la main de Dieu jusqu'aux confins de l'Espagne, et enterré à proximité de la mer, en Galice car la tradition chrétienne voulait que l'apôtre évangéliste d'une contrée y soit enseveli. La lumière des étoiles aurait indiqué à Téodomir, évêque de Galice, la sépulture de saint Jacques, en 823, dans une Espagne 'occupée' par les Maures.
Auteur de nombreux miracles, saint Jacques symbolisa la Reconquista et fut promu saint patron de l'Espagne. Santiago devint un sanctuaire situé aux confins de la terre (Finisterra). Cependant, ce n'est que vers le XIème siècle que le pèlerinage vers Compostelle connut un essor considérable relayé par une légende qui associait saint Jacques et Charlemagne.
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Les pélerinages médiévaux

Les déplacements des pèlerins vers Saint-Jacques-De-Compostelle, vers Rome et Jérusalem et vers de nombreux autres lieux de culte ont constitué une dynamique de civilisation à l'échelle du continent européen et représenté, dès le Haut Moyen-Age, un espace ouvert à la libre circulation des idées et des personnes.
Des rois tels que saint Louis de France, des personnalités comme sainte Brigitte de Suède, des évêques et des grands seigneurs, des bourgeois et des marchands, des artisans ou de simples particuliers, ont partagé l'effort physique et la recherche d'un idéal commun dans leurs démarches pèlerines. Le pèlerin était considéré à son retour comme un homme nouveau
sur le plan spirituel d'abord et selon la mentalité de l'époque parce qu'il avait tiré le bénéfice de son pèlerinage,
sur le plan humain ensuite parce qu'il était allé très loin en Europe, il avait approché d'autres horizons, d'autres nationalités et d'autres cultures, parce qu'il avait connu d'autres modes de vie et qu'il avait appris à mettre en valeur la différence, il avait réellement participé à la construction d'un monde nouveau.
Les vestiges de l'oeuvre de civilisation développée par les mouvements de pèlerinage, constituent aujourd'hui un patrimoine majeur, artistique, architectural, musical, littéraire, ethnographique et imaginaire, qui nous permet de retracer les voies de pèlerinage d'un bout à l'autre de l'Europe. Mais, sauf exception rarissime, il n'y a pas eu de chemins réservés seulement aux pèlerinages puisque ceux qui parcouraient les chemins pour des missions politiques, des raisons commerciales ou artistiques circulaient sur les mêmes voies. Parfois subsiste le vestige d'un sanctuaire de pèlerinage et d'un chemin qui lui était spécifique. C'est au travers de leurs chemins qui étaient ceux de tous que se sont développés l'art roman puis l'art gothique, que les chansons de geste ont circulé, que s'est produit la synthèse des cultures érudites et populaires dans l'Europe médiévale.
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Le pélerinage moderne

De nouveaux chemins de pèlerinage accueillent aujourd'hui des centaines de milliers de pèlerins et de marcheurs. Ils sont fréquentés non seulement par des Européens, mais aussi par des pèlerins venant de toutes les parties du monde, de tous âges et de toutes religions, voire agnostiques ou athées.
Ils y trouvent un espace de dévotion, de méditation, tout comme un espace de découverte personnelle. On y pratique un tourisme culturel et sportif, à pied, à cheval ou à vélo. C'est un faisceau de routes reliant imaginaire et réalité sociale, ainsi qu'un élément structurant l'aménagement du territoire qui permet la revitalisation de petites localités, la relance du tourisme alternatif et la création d'emplois. Itinéraire concret, les chemins rassemblent de nombreux hommes et femmes partageant une expérience commune. Il y a ceux qui marchent, découvrent, venus du monde entier et parcourant à pied ou par un autre moyen ces tracés millénaires ou plus actuels ; ceux qui s'organisent et structurent une chaine d'accueil et d'information afin d'aider les marcheurs dans leur périple. Les associations des Chemins de Saint Jacques sont nées de la volonté de pèlerins décidant de s'impliquer activement pour assurer la continuité des chemins et former une immense chaine humaine au service des autres.
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Les chemins de demain

L'itinérance a évolué au fil du temps et les chemins se sont toujours inscrits dans leur époque en s'adaptant à leur environnement sans perdre cependant ce qui leur confère toute leur force, toute leur signification et tout leur attrait.
A l'ère du numérique, les progrès technologiques vont mettre à la disposition du pèlerin des outils qui vont multiplier à l'infini ses possibilités (géolocalisation par satellite, plateformes numériques, réalité augmentée .....). Il serait vain, rétrograde, contraire à l'histoire et à l'intérêt du Chemin, de vouloir s'opposer au progrès. Il suffit de veiller à ce que cette abondance de biens ne tue pas l'esprit du Chemin, ne fasse pas disparaitre le mythe afin qu'il conserve toute son authenticité.
Il est tout aussi louable de vouloir en faire profiter un maximum, de vouloir en faire un élément du développement économique au profit notamment des territoires traversés. Mais là encore, il convient de le faire de manière responsable et durable sous peine de tuer la poule aux œufs d'or.
Répondant aujourd'hui plus que jamais à un véritable besoin de société, les chemins ont de beaux jours devant eux. que la foi qui a animé les pèlerins tout au long de l'histoire et qui les a réunis en une aspiration commune, par delà les différences et les intérêts nationaux, nous inspire nous aussi à parcourir ces chemins pour construire une société fondée sur la tolérance, le respect d'autrui, la liberté et la solidarité.
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